Maison japonaise Histoire et Organisation

Publié le par Miuchi

Comme toutes personnes aimant le Japon, l'idée de construire une maison traditionnelle m'a traversé l'esprit (et y est resté en fait). Malheureusement, le style n'étant pas de notre pays, il est très difficile d'en construire une typique du pays du soleil levant. Mais en remodelant un peu l'extérieur et en faisant une construction bois au norme NF pour l'isolation, je devrais pouvoir m'en sortir. Voici d'où m'est venue l'idée de poster cet article et ceux qui vont suivre sur la maison trad et la déco.


Les origines de ce qu'il est convenu d'appeler la maison traditionnelle japonaise, remontent au VIIIe siècle. La maison traditionnelle est un principe originel d'organisation spatiale, constitué d'une partie principale et de son extension.

Malgré son agrément visuel, ce n'est pas un espace confortable au sens communément admis en Occident : il y fait froid l'hiver, on y vit à même le sol sur des tatamis. De même, elle n'a pas le côté durable de nos maisons occidentales faites de pierres.
Elle nous offre cependant l’exemple d'un système (conception, construction, philosophie esthétique) complet et complexe. Elle est ainsi en étroite liaison avec la nature de par le matériau utilisé pour sa construction (le bois) et de par les transitions qui relient le dedans et le dehors. Avec son vaste toit de chaume ou de tuiles, ses larges ouvrants, ses murs de torchis et ses pilotis, elle permet à l'habitant de supporter des températures de l'ordre de plus de 40 degrés avec un taux d'humidité de 80 % l'été. Les assemblages de sa structure absorbent en souplesse les secousses dues aux tremblements de terre. Elle est l'expression spatiale d'une organisation socio-familiale qui régit de manière très stricte les rapports et la hiérarchie entre les individus (place du chef de famille, de la femme, etc.).


Avec ses cloisons coulissantes, apparues vraisemblablement vers le XIIIe siècle, la maison japonaise est adaptable aux circonstances: en retirant deux ou quatre panneaux coulissants tendus de papier (fusuma) on fait aisément de deux pièces une.

Tout ceci s'organise toutefois dans un ordre spécifique rigoureux (plurifonctionnalité) qui, s'il tolère que chacun puisse dans une même pièce manger, dormir ou étudier, impose à l'individu un rôle particulièrement précis dans le foyer et son espace. La partie avant de la maison par exemple est réservée à l'accueil des invités avec successivement l'entrée, parfois distincte de l'entrée courante, puis une pièce réservée aux échanges de salutations, et enfin la salle de réception. Le soin apporté à la décoration de cette dernière pièce est là pour signifier à l'invité le statut et le niveau économique de la maison (contemplation mais aussi signification sociale).


A l'autre bout de la maison, la cuisine et les éléments qui la composent sont des plus rudimentaires. A même le sol en terre battue, elle est physiquement séparée des autres parties surélevées de la maison. C'est le domaine réservé de la maîtresse de maison (okusan: littéralement, la personne du fond) dont la position de dominée au sein de la famille s'inscrit spatialement dans l'architecture.



Si, tout le long de l'archipel nippon, chaque habitation fait souvent penser à une grande pièce découpée par des cloisons amovibles et pouvant être utilisée à un moment donné pour différentes tâches et par tous, la maison traditionnelle japonaise est en fait le lieu de l'homme et chacun des membres de la famille sait très bien les espaces qui lui sont réservés et ceux qui lui sont interdits.


Le tatami comme unité de mesure (90*180cm)

Lorsque le concepteur d'une maison japonaise traditionnelle commence l'élaboration des plans d’une habitation, il détermine d'abord le nombre de tatamis, qui seront nécessaires pour couvrir le sol. Il détermine la forme et la taille de la maison. Autrement dit, un tatami équivaut à la longueur d’un homme couché.


Au niveau architectural, la maison traditionnelle japonaise est une maison sans étage, construite de plain-pied, tout en bois, ce qui permet une reconstruction rapide en cas de typhons ou de séismes, très fréquents au Japon. Autre particularité : les murs sont largement ouverts, et assurent ainsi une aération maximale pour assécher l’air très humide.

    

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